7 mars 2009

Le cadavre qui chante !

Je me suis réveillé tôt pour te chanter
La musique que la nuit m’a révélée
Je rêvais à des vers mélancoliques
Qui sautillaient et dessinaient…
Une danse tragique

Pendant la nuit, Dieu m’a parlé
Et si hier… j’étais poète,
Me voilà devenu prophète
Pauvre, ignorant et analphabète
Presque comme… Mahomet

J’ai su que tu étais morte
Ton corps est là
Immobile et las
Ta main est froide
Et ton cœur ne bat pas

Et à côté de toi
Ton enfant riait
Jouant avec tes cheveux
Et embrassant tes seins

Peux-tu me dire si tu regrettes
D’avoir vécu
Cette vie si bête
Si brève et si insensée

Peux-tu me dire si tu regrettes
D’avoir plongé autant de monde
Dans un abîme aussi profond
D’avoir laissé derrière toi
Tant de pleurs, de larmes et d’émoi

Dis-moi pourrais-je abuser de ton cadavre ?
T’arracher le cœur et te couper la main ?
Dis-moi si je peux te tuer moi-même
Et écrire des vers, avec ton sang

Dis-moi comment peut-on punir,
Un cadavre inerte
Sans valeur et sans devenir ?
Un cadavre déjà mort
Et qui ne ressens plus ni peines,
Ni remords !

Y a-t-il quelque chose,
Qui puisse être aussi inutile ?
Tu ne mérites ni peine, ni feu,
Ni sépulture

Y a-t-il quelque chose qui puisse être
Moins inexistante que toi ?
Et pourtant, dès que je me réveille, je te vois…
Et quand je dors, j’entends ta voix

Pendant le jour, je te vois danser
Et pendant la nuit, je t’entends chanter

Le jour où je n’entendrai plus tes mélodies,
Je saurais enfin, que je suis mort moi aussi !

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